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Une communauté sous le choc après un féminicide et la mort de deux enfants
À Villers-en-Arthies, petit village du Val-d’Oise, la stupeur et la colère ont envahi les habitants après qu’un féminicide doublé d’un double infanticide a endeuillé la commune. Une femme et deux enfants ont perdu la vie, victimes d’une violence conjugale qui, une fois de plus, a frappé au cœur d’un foyer.
Ces drames ne tombent pas du ciel. Ils s’inscrivent dans un continuum de violences systémiques faites aux femmes, trop souvent minimisées, trop souvent ignorées jusqu’au passage à l’acte fatal.
L’émotion d’une communauté qui cherche ses mots
Dans les rues du village, les habitants peinent à trouver leurs mots. « Comment rassurer nos filles ? », lâche une mère, résumant en une phrase l’effroi collectif. Une question qui en dit long sur l’impuissance ressentie face à une violence qui frappe sans prévenir — ou plutôt, qui envoie des signaux que personne ne veut voir.
Car les féminicides ne surgissent pas dans le vide. Derrière chaque drame, des alertes ignorées, des plaintes classées sans suite, des dispositifs de protection insuffisants. La colère des proches et des voisins est à la mesure de ce sentiment d’abandon institutionnel.
Un phénomène structurel, pas un fait divers isolé
En France, une femme meurt tous les deux à trois jours sous les coups de son partenaire ou ex-partenaire. Les enfants, eux, sont trop souvent les victimes collatérales oubliées de ces violences — ou pire, utilisés comme arme ultime contre leur mère.
Le double infanticide qui accompagne ce féminicide rappelle avec brutalité que la violence conjugale ne concerne pas seulement le couple : elle détruit des familles entières, elle traumatise des communautés, elle révèle les failles béantes d’un système judiciaire et social qui peine à protéger les plus vulnérables.
Des féministes interpellent les pouvoirs publics
Des collectifs féministes locaux et nationaux ont réagi rapidement, exigeant des réponses concrètes de la part des autorités. Parmi leurs revendications :
« On ne veut plus de minutes de silence. On veut des politiques publiques », martèlent les militantes, épuisées de pleurer des mortes que le système aurait pu sauver.
Nommer, compter, agir
Chaque féminicide a un nom, un visage, une histoire. Réduire ces drames à des « faits divers » ou à des « crimes passionnels » — expression que nous refusons — c’est participer à l’effacement des victimes et à la dépolitisation d’une violence profondément genrée et structurelle.
À Villers-en-Arthies comme ailleurs, la question n’est pas de savoir comment « rassurer nos filles ». Elle est de savoir quand l’État cessera de les abandonner.





