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Milei contre le savoir : l’Argentine se soulève pour son université publique
Des dizaines de milliers d’Argentins ont envahi la Plaza de Mayo à Buenos Aires, ce mardi 12 mai 2026, pour défendre l’université publique et gratuite face aux coupes budgétaires imposées par le président ultralibéral Javier Milei. C’est la quatrième mobilisation massive en deux ans sur cette question, signe d’une résistance qui ne faiblit pas.
Le mouvement dépasse la seule capitale : dans toutes les grandes villes du pays, la rue a parlé. Ce qui est en jeu, c’est bien plus qu’un budget — c’est l’accès au savoir pour celles et ceux que le système économique laisse habituellement sur le bord du chemin.
Un budget universitaire quasiment divisé par deux
Depuis l’arrivée de Milei au pouvoir, le budget alloué aux universités publiques a été réduit de près de moitié. Une politique d’austérité présentée comme nécessaire à l’équilibre des comptes publics, mais qui se traduit concrètement par une destruction progressive du système éducatif.
Les enseignants sont en première ligne. Nacho Gonzalez, professeur universitaire, témoigne d’une perte d’un tiers de son pouvoir d’achat en deux ans. « Ça nous affecte énormément. Beaucoup d’enseignants vont dans le privé, changent de métier, ou se mettent à travailler pour les applications de VTC », explique-t-il.
« Ces deux dernières années, la qualité de l’enseignement et la vie universitaire se sont détériorées comme jamais auparavant », ajoute-t-il. Une détérioration qui ne touche pas tout le monde de la même façon : ce sont les étudiant·es des classes populaires, sans filet familial, qui paient le prix le plus lourd.
« Permettre aux enfants d’ouvriers de faire des études »
Magdalena, 19 ans, étudiante en mathématiques, est la première de sa famille à accéder à l’enseignement supérieur. Pour elle, l’université publique n’est pas un privilège — c’est un droit, et un ascenseur social que l’État est en train de démanteler.
« Je trouve ça triste et dangereux que le gouvernement ne considère pas qu’il est important de financer l’université publique et de permettre aux enfants d’ouvriers de faire des études », dit-elle. Son témoignage résume ce que la politique de Milei signifie concrètement : la fermeture des possibles pour les plus précaires.
Milei refuse d’appliquer la loi votée par le Parlement
Les manifestant·es réclament l’application de la loi de financement universitaire, votée par le Parlement argentin l’an passé. Cette loi prévoit une augmentation du budget des universités — que Milei refuse d’appliquer, au nom de la rigueur budgétaire.
En d’autres termes : le président piétine une décision démocratique pour imposer une logique d’austérité qui frappe avant tout les classes populaires, les femmes, et toutes celles et ceux pour qui l’université publique représente la seule porte d’entrée vers l’émancipation.
Face à un gouvernement qui choisit les marchés contre le savoir, la rue argentine continue de résister — et de rappeler que l’éducation n’est pas une variable d’ajustement.





