
Gironde : le Planning familial menacé de disparition après la suppression d’une subvention de 160 000 euros par l’ARS
Gironde : le Planning familial au bord du gouffre après le retrait brutal d’une subvention de l’ARS
Le Planning familial de la Gironde pourrait disparaître. Le 17 juin 2025, l’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine a annoncé la non-reconduction d’une subvention de 160 000 euros, amputant de 32 % le budget annuel de l’association bordelaise. Quatre postes sont directement menacés, et avec eux, des années de travail auprès des publics les plus vulnérables.
« Choquant, violent et maltraitant »
C’est en ces termes qu’Annie Carraretto, coprésidente du Planning familial de la Gironde, a décrit la décision de l’ARS lors d’une conférence de presse tenue le lundi 22 juin. « Notre budget 2026 n’était déjà pas à l’équilibre », a-t-elle rappelé, avant d’affirmer que cette coupe budgétaire « nous condamne » et « entraîne de fait la disparition du Planning familial de la Gironde ».
La nouvelle est d’autant plus brutale que l’association avait déjà frôlé la catastrophe il y a deux ans, quand une réduction de moitié des financements avait été envisagée — finalement évitée « grâce à la mobilisation de tous ». Cette fois, le couperet est tombé sans appel.
Des mois de silence institutionnel
Selon le conseil d’administration de l’association, la rupture de communication avec l’ARS remonte à février 2025 : « plus de son, plus d’image » après deux réunions avec l’instance régionale. Il faudra attendre le 24 avril pour obtenir un rendez-vous « en urgence », fixé au… 17 juin — le jour même de l’annonce de la suppression de la subvention.
C’est lors de cette réunion que l’équipe dirigeante apprend que « l’ARS refond sa politique » et que le Planning familial ne fait désormais « plus partie des acteurs de la prévention ».
Le prétexte de l’évaluation scientifique
La justification avancée par l’ARS laisse l’association sans voix. Selon Annie Carraretto, l’agence estime que les permanences d’écoute et d’accueil, ainsi que les actions menées en milieu rural, ne sont « pas probantes » — faute d’« évaluations scientifiques et de données statistiques ».
Une logique gestionnaire qui, dénonce le Planning familial, fait fi de « l’expertise des professionnels de santé » et ignore la réalité du terrain. L’association souligne que le travail bénévole consacré à la prise en charge des situations de violence représente à lui seul 2,5 équivalents temps plein (ETP).
Des besoins en hausse, des moyens en chute
L’incompréhension est d’autant plus grande que les besoins ne cessent de croître :
Sans la subvention de l’ARS, la directrice Marie-Liesse Montes confirme que l’association n’aura d’autre choix que de supprimer quatre postes parmi ses dix salarié·es, dont six animatrices prévention. Elle pointe également un choix politique clair : l’ARS « resserre la politique de prévention autour de l’hôpital », avec un projet de Maison de santé de la femme annoncé à Bordeaux — dont la portée en milieu rural reste, selon l’association, très incertaine.
Appel à la ministre et mobilisation citoyenne
Face à l’urgence, le Planning familial a adressé dès le vendredi 20 juin un courrier à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lui demandant d’intervenir pour « un rétablissement immédiat de la subvention ».
Du côté de l’ARS, la direction a indiqué qu’elle « ne communiquera pas en attendant une nouvelle réunion avec la préfecture » — une réponse que l’association interprète peut-être comme un premier signe de pression.
En attendant, le Planning familial appelle élu·es et citoyen·nes à se rassembler jeudi 25 juin devant les locaux bordelais de l’ARS pour exiger le maintien de ses financements et la reconnaissance de son rôle irremplaçable dans la protection des femmes, des enfants et des publics vulnérables.




