Mali : des frappes de drones de l'armée tuent au moins dix civils lors de préparatifs de mariage

Mali : des frappes de drones de l’armée tuent au moins dix civils lors de préparatifs de mariage

Des civils tués lors d’un mariage collectif dans le centre du Mali

Au moins dix civils, majoritairement des jeunes, ont été tués dimanche par des frappes de drones menées par l’armée malienne dans la localité de Téné, dans la région de San. Les victimes se préparaient à célébrer un mariage collectif traditionnel au moment des frappes, selon des sources sécuritaires et locales.

Un contexte sécuritaire en plein effondrement

Ces frappes surviennent dans un climat de violence extrême qui s’est encore aggravé fin avril. Les 25 et 26 avril, des attaques coordonnées d’envergure ont frappé le pays, menées conjointement par les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), allié à Al-Qaïda, et la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg.

Ce sont donc des civils — réunis pour une fête, pour un moment de joie collective — qui paient une fois de plus le prix d’une guerre que les structures militaires et jihadistes se livrent sur leurs terres, dans leurs villages, dans leurs corps.

La violence d’État sous la loupe

L’usage de drones par l’armée malienne soulève des questions fondamentales sur la distinction entre combattants et civils, principe cardinal du droit international humanitaire. Frapper un rassemblement festif dans une localité rurale n’est pas une bavure isolée : c’est le symptôme d’une logique militaire qui traite les populations civiles du centre du Mali — souvent peules, souvent pauvres, souvent marginalisées — comme des cibles potentielles.

Le Mali est dirigé depuis 2021 par une junte militaire qui a expulsé les forces françaises et onusiennes, et s’est rapproché du groupe paramilitaire Wagner, désormais rebaptisé Africa Corps. Dans ce dispositif, la reddition de comptes est quasi inexistante, et les victimes civiles restent trop souvent invisibles.

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