« Les Tibétains n’ont pas la liberté de s’exprimer » : à Bordeaux, hommage à Logba Rangzen, immolé devant l’ONU pour dénoncer la répression chinoise

Le lundi 6 juillet, une quarantaine de personnes se sont réunies devant le palais de justice de Bordeaux, à l’appel de l’association tibétaine Tashi Delek. Bougies allumées, drapeaux aux couleurs du Tibet, prières chantées sur le parvis des Droits de l’homme : le rassemblement rendait hommage à Logba Rangzen, militant tibétain qui s’est immolé par le feu le 2 juillet devant le siège des Nations unies à New York, en signe de protestation contre les politiques répressives du régime chinois.

Un geste extrême face à un régime qui réduit les voix au silence

L’immolation de Logba Rangzen n’est pas un acte isolé dans le vide. Elle s’inscrit dans une longue série de gestes désespérés posés par des Tibétains qui ne disposent d’aucun autre espace pour se faire entendre. Choisir le siège de l’ONU comme lieu de l’acte, c’est interpeller directement les institutions internationales sur leur silence complice face à Pékin.

La répression exercée par l’État chinois sur le peuple tibétain est systémique : elle touche la langue, la religion, la culture, et s’abat avec une violence particulière sur celles et ceux qui osent revendiquer une identité distincte. Ce n’est pas une affaire de « tensions » ou de « différends culturels » — c’est une domination coloniale assumée, documentée, et largement ignorée par les gouvernements occidentaux.

Un silence institutionnel qui pèse lourd

Pendant que des militant·es se donnent la mort pour être entendus, les gouvernements européens continuent de ménager leurs relations commerciales avec Pékin. La question tibétaine disparaît des agendas diplomatiques, reléguée au rang d’embarras géopolitique. Ce rassemblement bordelais, modeste en nombre mais fort en symboles, rappelle que l’indifférence a un coût humain.

Rendre hommage à Logba Rangzen, c’est refuser que son geste soit absorbé par le silence. C’est aussi poser une question qui dérange : jusqu’où une communauté doit-elle aller pour que le monde daigne l’écouter ?