
« Petit Modèle » de Sayouba Traoré : un roman-cri contre l’esclavage domestique
Un roman qui brise le silence sur l’exploitation des filles domestiques
Derrière les murs des belles maisons, des filles sont réduites en esclavage — avec la complicité silencieuse d’une société entière. C’est cette réalité brutale que l’écrivain et journaliste Sayouba Traoré met en lumière dans son dernier roman, Petit Modèle, un texte à la fois littéraire et politique qui refuse de détourner le regard.
La colère comme moteur d’écriture
Petit Modèle n’est pas seulement un roman : c’est, selon son auteur, un coup de colère. Traoré y dénonce frontalement les mécanismes d’une domination exercée par des maîtres et maîtresses de maison sur des filles vulnérables, dans une quasi-totale impunité.
Dès les premières pages, l’auteur pointe du doigt le silence des témoins — celles et ceux qui entendent, qui comprennent, et qui ne disent rien. Ce silence collectif, Traoré le traite non comme une absence de responsabilité, mais comme une forme active de complicité.
Une réalité observée, pas inventée
Sayouba Traoré a confié à Nathalie Amar sur RFI avoir voulu « mettre les bons mots sur une réalité qu’il a observée ». L’esclavage domestique qu’il décrit n’est pas une métaphore : il renvoie à des pratiques concrètes, structurelles, ancrées dans des rapports de classe, de genre et d’origine sociale.
Le roman s’inscrit ainsi dans une tradition littéraire engagée qui refuse de séparer l’acte d’écrire de l’acte politique — une littérature qui centre les voix des opprimées plutôt que de les réduire au silence une seconde fois.
Pourquoi ce livre compte
À l’heure où les violences faites aux travailleuses domestiques restent largement invisibilisées dans les médias dominants, Petit Modèle représente une contribution essentielle. Il nomme ce que beaucoup préfèrent taire, et interroge les structures — familiales, sociales, économiques — qui rendent possible cette exploitation.




