Sommet du G7 : Trump se retourne contre Poutine et affiche son soutien à Zelensky

Un revirement inattendu à Évian

Au sommet du G7 qui s’est tenu à Évian, Donald Trump a opéré un virage spectaculaire sur le dossier ukrainien, surprenant ses alliés européens par un soutien affiché à Kyiv. Une source diplomatique européenne résume la nouvelle lecture trumpienne du conflit sans détour : « Pour Trump, le « loser » aujourd’hui, c’est Poutine, et le « winner » c’est Zelensky », au regard des dernières évolutions sur le champ de bataille.

Ce repositionnement intervient alors que le milliardaire républicain, qui se targue habituellement de ses liens avec Vladimir Poutine, a accepté un échange prolongé et improvisé avec Emmanuel Macron et le président ukrainien. « C’est un changement extrêmement important dans l’attitude des États-Unis à l’égard de l’Ukraine », veut croire cette même source diplomatique.

Des images de cathédrale pour convaincre Trump

Volodymyr Zelensky a su jouer sur les ressorts psychologiques du président américain. Il lui a présenté les photographies d’une cathédrale orthodoxe emblématique de Kyiv, frappée lundi par des missiles russes — une manière d’activer à la fois le fonctionnement extrêmement visuel de Trump et sa promesse répétée de défendre les chrétiens dans le monde.

Les partenaires des États-Unis ont également mis en avant, durant le sommet, l’accord américain pour que des entreprises accordent des licences de production en Ukraine de missiles de longue portée. Trump, lui, s’est publiquement dit « prêt à l’envisager » — une formulation volontairement floue qui laisse entière la question de la concrétisation.

Une déclaration commune, une première symbolique

Trump, connu pour ignorer — voire déchirer — les communiqués issus de ces grands rendez-vous diplomatiques, a cette fois signé une déclaration commune des sept dirigeants sur l’Ukraine. L’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni s’y sont « engagés à accroître les pressions exercées sur l’économie de guerre de la Russie ».

Trump a également évoqué, en termes vagues, la remise en place de sanctions sur le pétrole russe. Sa versatilité légendaire pourrait-elle déboucher sur un nouveau revirement ? Emmanuel Macron, lui, a choisi de lui réitérer publiquement sa « confiance » : « Il a toujours fait ce à quoi il s’engageait », a assuré le président français.

Versailles comme terrain de séduction diplomatique

Macron n’a pas laissé au hasard la gestion de son hôte américain. Connaissant le goût de l’ancien promoteur immobilier pour le faste et l’ostentation, il l’a convié mercredi soir à un dîner au château de Versailles — manière élégante, et calculée, de le retenir à Évian jusqu’à la clôture du sommet.

Réjoui par la conclusion parallèle d’un accord avec l’Iran, Trump a même salué l’organisation « fantastique » de l’événement. Une satisfaction qui, dans la bouche de celui qui bouscule volontiers l’ordre multilatéral, constitue en soi une information.