L'UE sanctionne des colons israéliens violents et des dirigeants du Hamas : une décision historique arrachée à l'impasse

L’UE sanctionne des colons israéliens violents et des dirigeants du Hamas : une décision historique arrachée à l’impasse

Des sanctions longtemps bloquées enfin adoptées à Bruxelles

L’Union européenne a adopté lundi des sanctions contre 7 colons israéliens extrémistes accusés de violences contre des Palestinien·nes en Cisjordanie occupée, ainsi que contre 12 dirigeants du Hamas impliqués dans les attaques du 7 octobre 2023. Ces mesures comprennent le gel des avoirs détenus dans l’UE et l’interdiction de séjour sur le sol européen.

La décision a été rendue possible par l’arrivée au pouvoir de Péter Magyar, nouveau Premier ministre hongrois, qui a succédé samedi à Viktor Orbán — lequel bloquait jusqu’alors toute avancée pour préserver les liens de Budapest avec Tel-Aviv.

« La violence et l’extrémisme ont des conséquences »

« Aujourd’hui, nous sommes parvenus à un accord politique pour sanctionner les colons et les entités extrémistes israéliennes », a déclaré Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, à l’issue d’une réunion des ministres à Bruxelles. « Nous sortons de l’impasse politique dans laquelle nous nous trouvions depuis longtemps. La violence et l’extrémisme ont des conséquences. »

Kallas a précisé sur X que les mesures viseraient également les membres du Hamas, que l’UE désigne comme organisation terroriste — une condition exigée par plusieurs États membres pour accepter de soutenir le paquet de sanctions.

Un contexte de colonisation illégale et de violences systématiques

Ces sanctions s’inscrivent dans un contexte documenté d’expansion coloniale. Thameen Al-Kheetan, porte-parole des Nations Unies pour les droits humains, a récemment dénoncé « l’expansion illégale des colonies » et « l’annexion de vastes parties de la Cisjordanie occupée » par Israël.

En droit international, toutes les colonies israéliennes sont illégales. La Cour internationale de justice a qualifié d’« illégale » la « présence continue de l’État d’Israël dans le territoire palestinien occupé ». Israël a néanmoins récemment renforcé son contrôle sur ces territoires en matière de droit de propriété, de planification et d’octroi de licences — des mesures qui contreviennent aux accords d’Oslo de 1993.

Ce n’est pas la première fois que l’UE sanctionne des colons violents. En 2024, cinq personnes et trois entités avaient déjà été visées pour « violations graves et systématiques des droits de l’homme à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie », dont Moshe Sharvit, dont le harcèlement contre des communautés palestiniennes de la vallée du Jourdain s’était intensifié depuis octobre 2023.

D’autres sanctions envisagées, mais des obstacles persistants

Au-delà des sanctions individuelles, l’UE examine des mesures plus larges, notamment :

Ces mesures, portées notamment par l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie, se heurtent cependant à la règle de l’unanimité ou de la majorité qualifiée au sein de l’UE. L’Allemagne et l’Italie, entre autres, refusent toujours d’y apporter leur soutien.

Israël dénonce des sanctions « arbitraires »

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a réagi lundi en qualifiant les sanctions d’« arbitraires » et « sans fondement », affirmant qu’elles ciblaient des citoyens israéliens « en raison de leurs opinions politiques ».

« Israël a défendu, défend et continuera de défendre le droit des Juifs à vivre au cœur de leur patrie », a-t-il déclaré. Une rhétorique qui efface délibérément la réalité de l’occupation, des violences documentées et du droit international — trois réalités que Bruxelles, pour une fois, a choisi de ne pas ignorer.

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