À Carcassonne, des centaines de manifestants défient le maire RN Christophe Barthès : « Les menaces, c'est terminé »

À Carcassonne, des centaines de manifestants défient le maire RN Christophe Barthès : « Les menaces, c’est terminé »

La résistance s’organise face à l’extrême droite dans l’Aude

Plusieurs centaines de personnes ont battu le pavé à Carcassonne ce mercredi 29 avril, à l’appel du mouvement de jeunes « Nous Carcassonne », pour s’opposer à la politique du maire Rassemblement National Christophe Barthès et à la montée de l’extrême droite dans le chef-lieu audois.

Le rassemblement, parti du square Gambetta à 14 heures, a réuni environ 330 manifestants selon les renseignements territoriaux, dont un quart de jeunes. Syndicats, associations et militant·es de diverses villes ont grossi les rangs d’un cortège fondé principalement par des lycéens, né en réaction à la victoire électorale du RN.

Des drapeaux européens comme étendard de la contestation

Sur le parcours, des drapeaux européens ont été distribués — symbole choisi délibérément en réponse à une provocation de l’édile le jour de son élection. Le cortège a traversé le pont Neuf avant de se rassembler sur le parvis de la porte Narbonnaise de la Cité, haut lieu patrimonial de la ville.

Parmi les manifestant·es, Leïla, 19 ans, originaire de Carcassonne et étudiante à Bayonne, avait fait le déplacement spécialement pour l’occasion. « Christophe Barthès doit comprendre qu’il n’a pas été élu par une majorité de Carcassonnais. On respecte le choix des urnes, mais beaucoup de gens refusent sa politique et continueront de le faire », affirme-t-elle.

Des associations menacées, mais pas intimidées

Le maire RN a brandi la menace de couper les subventions aux associations participant à la manifestation. Une stratégie d’intimidation que les organisations présentes refusent d’avaliser.

Des militant·es de SOS Racisme, venus de Perpignan — ville dirigée par le vice-président du RN Louis Aliot — ont tenu à apporter leur soutien. « On connaît les méthodes de l’extrême droite, on continuera de s’y opposer », déclare Kévin, l’un d’eux, avant d’ajouter : « Ce sont des méthodes autoritaires. Le Rassemblement national a toujours détesté les associations qui luttent pour les droits humains. »

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a déjà subi les conséquences concrètes de cette politique : lors du conseil municipal du 9 avril 2026, Christophe Barthès a annoncé la suppression de sa subvention et le retrait de son local, en représailles à un recours déposé contre ses arrêtés anti-mendicité.

Loin d’être ébranlé, le responsable local de la LDH, Patrice Cereza, indique que l’association a déjà trouvé une solution pour son local — et que le nombre d’adhérents a doublé depuis l’intervention du maire.

« Notre cité doit être le bastion de la résistance »

Lors des prises de parole devant la Cité, Yassin El Kdim, l’un des fondateurs de « Nous Carcassonne », a appelé à dépasser la stupeur collective. « Le temps de la sidération est révolu. Carcassonne a basculé aux mains de l’extrême droite, mais notre cité doit être le bastion de la résistance », a-t-il lancé sous les applaudissements.

Il a conclu son discours en retournant contre le maire sa propre formule fétiche, transformée en cri de ralliement collectif : « Les menaces, c’est terminé. »

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