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Coupe du monde aux États-Unis : l’Iran s’entraîne au Mexique, les tensions s’accumulent à la frontière américaine
Coupe du monde aux États-Unis : l’Iran s’entraîne au Mexique, les tensions s’accumulent à la frontière américaine
À moins d’une semaine de leur premier match de Coupe du monde, les joueurs iraniens s’entraînent à Tijuana, au Mexique, sous haute sécurité. La délégation fait face à un double obstacle : treize de ses membres n’ont toujours pas obtenu de visa américain, et l’intégralité de son allocation de billets pour les trois matchs de groupe a été annulée sans explication.
Des visas accordés au compte-gouttes, un camp de base déplacé au dernier moment
La fédération iranienne de football a négocié in extremis le transfert de son camp de base depuis l’Arizona vers le Mexique, en raison des incertitudes autour des visas. Les États-Unis ont finalement accordé leurs visas à l’ensemble des joueurs vendredi — soit dix jours seulement avant le premier match —, mais plusieurs membres du staff d’encadrement, dont des responsables administratifs et logistiques clés, ont été refusés.
Un responsable de l’administration américaine a confirmé que les visas « nécessaires pour que l’Iran puisse participer à la Coupe du monde » avaient été délivrés, sans toutefois répondre directement aux refus. Il a ajouté que les États-Unis n’autoriseraient pas l’équipe iranienne à « profiter du système pour introduire des terroristes sur le sol américain sous de faux prétextes ».
En avril, le secrétaire d’État Marco Rubio avait déjà indiqué que le problème ne concernait pas les joueurs eux-mêmes, mais certains membres de leur entourage, soupçonnés d’avoir des liens avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), inscrit sur la liste noire américaine des organisations terroristes étrangères.
Téhéran dénonce une discrimination délibérée
L’ambassade d’Iran en Turquie a répondu avec véhémence sur X : « Vous avez porté à son niveau le plus élevé le traitement délibéré et discriminatoire infligé à l’équipe nationale iranienne de football. » La fédération iranienne a déposé une protestation officielle auprès de la FIFA, appelant l’instance à tenir les États-Unis responsables des violations de ses règles.
Selon l’ambassadeur d’Iran au Mexique, les conditions de visa imposées à la délégation sont particulièrement contraignantes : l’équipe devra entrer et quitter le territoire américain le jour même de chacun de ses matchs. L’Iran, versé dans le groupe G, affrontera la Nouvelle-Zélande et la Belgique à Los Angeles les 15 et 21 juin, puis l’Égypte à Seattle le 26 juin — trois allers-retours dans la journée depuis Tijuana.
Un tournoi marqué par une vague de discriminations à la frontière
L’Iran n’est pas seul dans cette situation. Le tournoi est entaché par une série d’incidents aux frontières américaines qui touchent plusieurs délégations et officiels.
Ces incidents s’accumulent et jettent une ombre profonde sur l’organisation du tournoi par les États-Unis, co-hôtes avec le Canada et le Mexique — deux pays qui ont également désigné le CGRI comme organisation terroriste, compliquant davantage le traitement des accréditations iraniennes.
La FIFA sous pression
La FIFA a confirmé que l’Iran disputera bien ses matchs selon le calendrier prévu. Mais l’instance dirigeante du football mondial est désormais sous pression croissante pour intervenir et arbitrer un conflit qui dépasse largement le cadre sportif.
Ce que révèle cette situation, c’est la violence structurelle d’un système d’immigration américain qui traite différemment les corps selon leur nationalité, leur origine, leur religion — y compris dans le cadre d’un événement que les États-Unis ont vendu au monde comme une célébration universelle du sport.




