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Perpignan : un ancien conseiller municipal RN suspendu après la révélation d’un tatouage néonazi
Un agent municipal aux liens avec le RN affiché avec la devise des SS
Un agent contractuel de la mairie de Perpignan a été suspendu puis licencié après la publication d’une photographie révélant un tatouage néonazi sur son avant-bras, le 9 juin 2026. L’homme n’est pas un inconnu : il s’agit de Charles Ifssah, ancien conseiller municipal de la majorité Rassemblement national dirigée par Louis Aliot, vice-président du parti.
Le tatouage en question porte l’inscription « Mon honneur s’appelle fidélité » — traduction française de la devise des SS, « Meine Ehre heißt Treue », couramment utilisée dans les milieux néonazis. C’est un usager de la mairie du centre historique, rue Jeanne-d’Arc, qui a photographié l’agent et rendu l’affaire publique.
Du conseil municipal à la mairie de quartier
Charles Ifssah n’est pas un visage inconnu des couloirs du pouvoir municipal perpignanais. Candidat en 45e position sur la liste de Louis Aliot aux élections municipales de 2020, il intègre le conseil municipal en juillet 2023, après plusieurs démissions dans les rangs de la majorité, prenant la place de Charlotte Cailliez.
Son passage au conseil municipal n’est pas anodin : dès septembre 2023, plusieurs délibérations le concernent — rémunération, nomination au conseil d’administration de la Caisse des écoles, participation à la commission des subventions. Il représente également la mairie dans des établissements scolaires et médico-éducatifs, dont l’EREA, l’IMED, et les collèges Marcel-Pagnol et Jean-Moulin.
Non reconduit sur la liste RN pour les élections de mars 2026 — remportées par Aliot dès le premier tour —, Ifssah retrouve pourtant un poste municipal, cette fois à la mairie de quartier du centre historique. Une réintégration discrète, jusqu’à l’éclatement du scandale.
La mairie se désolidarise, mais les questions demeurent
Contactée par L’Indépendant, la mairie affirme avoir « écarté l’agent contractuel dès qu’elle a été mise au courant » et précise que son contrat « ne sera pas renouvelé ». Louis Aliot, ainsi que plusieurs membres de l’équipe municipale 2020-2026, assurent n’avoir jamais eu connaissance du tatouage.
Tous décrivent un homme « discret », « apprécié », « un peu à l’écart ». Une description qui contraste violemment avec l’affichage assumé d’un slogan SS sur le corps — visible, photographiable, indéniable.
Sur le plan juridique, en vertu de l’article R. 645-1 du Code pénal, l’exhibition publique d’un symbole ou d’une devise nazie expose son auteur à une amende de 1 500 euros. Une sanction qui, au regard de la gravité idéologique des faits, peut sembler dérisoire.
Le RN et ses « brebis galeuses » : un problème structurel ?
Cette affaire s’inscrit dans un schéma que le Rassemblement national peine à faire disparaître : celui des profils extrémistes qui gravitent dans ses structures locales, souvent présentés après coup comme des cas isolés. Mais quand un homme portant la devise des SS siège dans des conseils d’administration, représente une mairie dans des établissements accueillant des enfants handicapés, et est réembauché après un mandat électif — la question n’est plus celle d’une pomme pourrie, mais celle du verger tout entier.
À Perpignan, ville-laboratoire du RN depuis 2020, l’affaire Ifssah rappelle que la banalisation de l’extrême droite au pouvoir ne se mesure pas seulement aux discours, mais aussi aux silences — et aux tatouages que personne, dit-on, n’avait jamais remarqués.




