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Trente accusations, une tournée qui approche et des soutiens qui font polémique
Visé par une trentaine d’accusations de viols, d’agressions sexuelles et de tentatives de viol, Patrick Bruel voit la pression monter à mesure que sa tournée approche. Plusieurs maires ont publiquement demandé au chanteur de renoncer à se produire dans leurs villes. Quatre enquêtes pour viol sont ouvertes en France, une cinquième en Belgique pour agression sexuelle.
C’est dans ce contexte que l’émission Sept à Huit, diffusée le dimanche 24 mai, a consacré un reportage à l’affaire. Plusieurs femmes ont témoigné pour dénoncer le comportement du chanteur. Mais une voix a retenu l’attention — et pas pour les bonnes raisons.
Trente-six ans de loyauté, zéro remise en question
Clémentine Jaraud, maquilleuse de Patrick Bruel depuis 36 ans, a choisi de prendre sa défense à visage découvert face caméra. Son argument principal : elle n’a jamais rien vu, donc il ne s’est rien passé.
« Je bosse avec lui depuis que je suis très jeune. Si ça avait été quelqu’un comme certaines femmes le décrivent, peut-être qu’il aurait été déplacé avec moi », déclare-t-elle. Avant d’ajouter : « Ça n’a jamais été le cas, ni avec la copine d’à côté, ni avec l’habilleuse, ni avec la coiffeuse. Jamais personne n’est venu se plaindre. »
La maquilleuse va plus loin, affirmant qu’elle aurait forcément été informée de tout comportement problématique : « On est dans les petits coins des loges, on entend beaucoup de choses. Donc oui, je pense que j’aurais été au courant. »
Le cas Flavie Flament utilisé comme argument
Interrogée sur les accusations de Flavie Flament, Clémentine Jaraud choisit de décrire l’animatrice comme quelqu’un qui « venait voir tout le monde dans les loges pour dire bonjour » et qui était « très très gentille avec lui ». Son analyse : « Elle n’avait jamais eu la moindre once d’angoisse ou de stress. »
Elle conclut par une formule qui a fait bondir : « On ne va pas dans la loge d’un artiste quand on n’a pas envie de le voir. » Une affirmation qui, dans le contexte d’accusations de violences sexuelles, revient à questionner la présence des victimes sur les lieux — un mécanisme classique de culpabilisation.
La réponse féministe : non, vous n’auriez pas forcément su
Sur les réseaux sociaux, la réaction ne s’est pas fait attendre. « Mais madame, c’est pas parce qu’un homme n’a pas de comportement déplacé avec vous qu’il n’en a pas avec d’autres femmes », répond une internaute. Un rappel fondamental : les agresseurs ne se comportent pas de manière identique avec toutes les personnes de leur entourage.
« Le pire, ce sont ses proches qui le défendent. Il y a 30 plaignantes », souligne un autre observateur. C’est précisément ce que les études sur les violences sexuelles documentent depuis des décennies : les agresseurs choisissent leurs victimes, ils ne les choisissent pas au hasard dans leur cercle professionnel immédiat.
Une tournée sous pression, des institutions qui bougent
Pendant ce temps, les conséquences institutionnelles s’accumulent. Le Paléo Festival, en Suisse, a annoncé qu’il « n’invitera plus » Patrick Bruel après la plainte d’une masseuse bénévole. D’autres annulations pourraient suivre à mesure que la tournée approche.
La défense par les proches — loyale, sincère peut-être, mais structurellement aveugle — ne fait que rappeler combien les violences sexuelles se produisent précisément dans les angles morts de ceux qui pensent tout voir.





