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Quand le capitalisme s’invite sur le tapis rouge
Le Met Gala, grand-messe annuelle de la mode et du luxe organisée au Metropolitan Museum of Art de New York, est au cœur d’une controverse grandissante. Des appels au boycott se multiplient depuis l’annonce du parrainage de l’événement par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et l’une des fortunes les plus colossales de la planète.
L’association entre l’un des symboles les plus criants des inégalités économiques mondiales et la soirée la plus exclusive de l’industrie culturelle américaine ne passe pas inaperçue. Pour de nombreux·ses militant·es et observateur·rices, ce parrainage n’est pas anodin : il incarne la mainmise croissante des ultra-riches sur la culture et le récit public.
Bezos, Amazon et le bilan social d’un empire
Jeff Bezos, dont la fortune dépasse les 200 milliards de dollars, est régulièrement épinglé pour les conditions de travail dans les entrepôts Amazon — heures supplémentaires non payées, surveillance algorithmique, répression syndicale documentée dans plusieurs pays. Son rachat du Washington Post et ses investissements dans l’industrie spatiale via Blue Origin alimentent également les critiques sur la concentration du pouvoir médiatique et technologique.
Parrainer le Met Gala, c’est s’offrir une vitrine culturelle de premier plan, un blanchiment d’image par le prestige de l’art et de la mode. Une stratégie que les critiques du capitalisme de surveillance connaissent bien.
Des voix qui refusent de cautionner
Les appels au boycott émanent de militant·es progressistes, de travailleur·ses du secteur culturel et de personnalités publiques qui refusent de voir la culture servir de caution morale aux dynasties milliardaires. L’argument central : normaliser la présence de Bezos dans les sphères culturelles, c’est effacer la violence structurelle sur laquelle repose sa fortune.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question du philanthrocapitalisme — cette tendance des ultra-riches à racheter leur image via des dons, des mécénats et des parrainages, tout en continuant à s’opposer à toute redistribution fiscale réelle.
La culture n’est pas neutre
Le Met Gala n’a jamais été un espace apolitique. Derrière les tenues extravagantes et les célébrités se jouent des rapports de pouvoir bien réels : qui est invité·e, qui finance, qui est mis·e en scène et qui reste invisible. Accepter l’argent de Bezos, c’est faire un choix politique — et de plus en plus de personnes refusent de l’ignorer.
La question posée par ce boycott dépasse le simple tapis rouge : à qui appartient la culture, et au service de qui est-elle mise ?





