Cultivez vous en vous amusant
TotalEnergies se prépare aux grands départs de mai après des semaines de tension dans les stations
Dans les Hautes-Pyrénées, les files d’attente devant les stations TotalEnergies commencent à se résorber. Mais à l’approche des ponts de mai — traditionnellement synonymes de migrations massives sur les routes — le géant pétrolier déploie des moyens logistiques supplémentaires pour éviter de revivre les ruptures de stock observées ces dernières semaines.
Une ruée provoquée par le plafonnement des prix
Tout a commencé avec la flambée des prix des carburants, alimentée par la guerre au Moyen-Orient et amplifiée par la décision de TotalEnergies d’instaurer un plafonnement tarifaire. Cette mesure, présentée comme un geste pour le pouvoir d’achat, a déclenché un afflux massif d’automobilistes dans les stations du groupe.
Résultat : des cuves vidées en quelques heures, parfois quelques minutes après un réapprovisionnement, notamment le week-end. Dans plusieurs stations des Hautes-Pyrénées, les ruptures se sont multipliées, créant des scènes de tension inédites.
Du côté du service communication de TotalEnergies, on choisit ses mots avec soin : « Il n’y a pas et il n’y a jamais eu de pénurie de carburant. Simplement, selon la taille des stations et les délais de réapprovisionnement, il a pu y avoir des moments de tension. » Une formulation qui, en creux, reconnaît les difficultés sans les nommer.
Anticiper les livraisons : une logistique sous pression
Pour faire face, TotalEnergies s’appuie sur un réseau de dépôts régionaux — notamment à Toulouse et Estancarbon — qui alimentent les stations des Hautes-Pyrénées. Le principe est simple : dès qu’une cuve se vide, une nouvelle commande est déclenchée automatiquement.
Mais la réalité est plus contraignante. Livrer le week-end nécessite des dérogations réglementaires, ce qui ralentit mécaniquement les délais d’approvisionnement. Le groupe reconnaît avoir dû faire appel à des entreprises partenaires pour absorber la surcharge.
Comme lors du week-end de Pâques, TotalEnergies assure avoir obtenu des dérogations spécifiques pour garantir un approvisionnement continu pendant les ponts de mai. « Notre objectif reste de protéger le pouvoir d’achat des citoyens », répète le groupe — une rhétorique qui mérite d’être mise en perspective : c’est bien la politique tarifaire du groupe qui a, en premier lieu, provoqué cet engorgement.
Des prix qui se stabilisent, un avantage concurrentiel qui s’érode
Si les stations retrouvent un semblant de calme, c’est aussi parce que l’écart de prix entre TotalEnergies et ses concurrents se réduit. Au 24 avril, dans les Hautes-Pyrénées, les relevés indiquent :
Le plafonnement instauré par TotalEnergies — à 1,99 € pour l’essence et 2,25 € pour le diesel — avait joué un rôle d’amortisseur au pic de la hausse. Mais avec des prix qui convergent désormais vers ces seuils dans de nombreuses autres stations, notamment celles de la grande distribution, l’attractivité du réseau TotalEnergies s’atténue mécaniquement.
L’accalmie tiendra-t-elle face aux grands départs ?
La situation semble donc se normaliser à quelques jours des ponts de mai. Mais cette accalmie reste fragile : tout nouveau pic de fréquentation pourrait rapidement saturer une logistique qui a déjà montré ses limites.
La vraie question, que ni TotalEnergies ni les pouvoirs publics ne semblent pressés de poser, est structurelle : dans un pays où la dépendance à la voiture individuelle reste massive, notamment dans les zones rurales et montagneuses comme les Hautes-Pyrénées, chaque variation de prix à la pompe se transforme en crise sociale. Les files d’attente ne sont pas un bug du système — elles en sont le symptôme.





