Thomas Bangalter et JR pour La Caverne du Pont-Neuf à Paris

La Caverne du Pont-Neuf : Thomas Bangalter signe l’expérience sonore du projet de JR

Thomas Bangalter, ancien membre de Daft Punk, participera à « La Caverne du Pont-Neuf », l’installation monumentale de l’artiste JR prévue à Paris du 6 au 28 juin 2026. Les organisateurs ont annoncé que JR lui a confié la dimension sonore de ce projet, conçu comme un hommage à « The Pont Neuf Wrapped », l’empaquetage du Pont Neuf réalisé par Christo et Jeanne-Claude en 1985.

Pourquoi JR transforme le Pont Neuf en caverne

JR prévoit de métamorphoser le plus ancien pont de Paris en un paysage minéral traversable. L’œuvre recouvrira l’édifice sur environ 120 mètres de long et 20 mètres de large, avec une structure annoncée entre 12 et 18 mètres de hauteur. Selon la Ville de Paris, le dispositif doit rester identifiable grâce au dessin des arches, tout en donnant l’illusion d’une masse rocheuse.

Le projet se place explicitement dans la filiation de Christo et Jeanne-Claude. Leur intervention de 1985, préparée pendant une décennie, avait enveloppé le Pont Neuf pendant deux semaines, du 22 septembre au 5 octobre, et attiré plusieurs millions de visiteurs, selon la Fondation.

La Caverne Pont-Neuf, un hommage 40 ans après Christo

« La Caverne du Pont-Neuf » s’inscrit dans une séquence commémorative autour des 40 ans de « The Pont Neuf Wrapped ». La Fondation Christo et Jeanne-Claude et L’Amicale des Ponts de Paris figurent parmi les partenaires du projet, avec l’appui de la Ville de Paris pour les autorisations et l’organisation.

JR a expliqué à l’Associated Press vouloir proposer une approche immersive et continue, accessible à toute heure, au cœur d’un lieu très fréquenté. La présentation annoncée doit durer trois semaines, du 6 au 28 juin 2026, et l’accès sera gratuit, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Thomas Bangalter, une matière sonore plutôt qu’un concert

JR a demandé à Thomas Bangalter d’« imaginer la dimension sonore » de l’installation. La communication des organisateurs le présente comme un « plasticien acoustique », c’est-à-dire un artiste qui travaille le son comme une matière, au même titre qu’un matériau visuel.

La Ville de Paris rapporte que Bangalter veut « sculpter une matière sonore » à partir d’éléments électroacoustiques. L’objectif affiché n’est pas de produire un concert, mais un environnement sonore pensé pour accompagner la traversée de l’œuvre.

JR et Bangalter ont déjà collaboré, notamment autour d’un projet présenté à l’Opéra Garnier.

Une installation qui mélange air, toile et illusion de roche

Contrairement à l’apparence attendue, la « pierre » n’en sera pas. La Ville de Paris indique que l’œuvre reposera sur une structure gonflable : l’air remplira des arches en toile, afin de dessiner le volume de la « caverne ». La surface imprimée doit reproduire un relief calcaire accidenté, inspiré des carrières évoquées dans la genèse du Pont Neuf.

Les organisateurs annoncent aussi des essais grandeur nature dans un hangar à l’aéroport d’Orly, afin de valider le montage avant l’installation sur site.

Réalité augmentée : ce que Snap doit apporter au public

Le projet intègre une dimension numérique. L’AR Studio Paris de Snap, spécialisé dans la réalité augmentée, participe à la conception d’expériences interactives. La réalité augmentée superpose des éléments numériques à l’image du réel, via un smartphone ou un dispositif équivalent.

La Ville de Paris précise que cette couche interactive doit accompagner la visite et proposer des effets visuels pensés pour prolonger l’expérience.

Un chantier privé et une logistique de grande ampleur

Le projet mobilise environ 800 personnes, selon la Ville de Paris, dont des ingénieurs, ouvriers, fournisseurs et équipes de production. La Fondation indique, de son côté, que l’œuvre sera financée par du mécénat privé, sans recours à des fonds publics.

La Ville de Paris ajoute que le financement repose notamment sur la vente d’œuvres de JR et sur des soutiens privés cités comme Snap Inc., Bloomberg Philanthropies et Paris Aéroport.

Avec ce format temporaire, les organisateurs prévoient aussi l’après. La Ville de Paris indique que plusieurs options existent pour donner une seconde vie à une grande partie de la toile, via conservation, réemploi ou recyclage.

Sur trois semaines en juin 2026, « La Caverne du Pont-Neuf » vise ainsi à transformer un axe central de Paris en parcours sensoriel, entre illusion minérale, paysage sonore et dispositifs numériques, tout en revendiquant un lien direct avec l’histoire des installations monumentales de Christo et Jeanne-Claude dans la capitale.