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Le président iranien Massoud Pezeshkian a assuré, mercredi 11 février à Téhéran, que l’Iran ne « cédera pas aux demandes excessives » sur son programme nucléaire. Il a parlé place Azadi lors des commémorations de la Révolution de 1979, alors que le pays traverse une contestation inédite depuis début janvier et que les discussions indirectes avec Washington ont repris. Selon lui, l’Iran accepte des vérifications, mais refuse de renoncer à ses droits nucléaires civils.
À Téhéran, un message de fermeté
Devant des foules rassemblées au centre de la capitale, Massoud Pezeshkian a mis en garde les États-Unis. Il a dénoncé des exigences « excessives » sur le nucléaire, tout en réaffirmant que l’Iran ne cherche pas l’arme atomique. Cette ligne vise à tenir ensemble souveraineté et désescalade. Plusieurs médias ont rapporté ces propos, tenus pour le 47e anniversaire de la révolution.
Programme nucléaire iranien : lignes rouges et vérifications
Le « programme nucléaire » désigne l’ensemble des activités d’enrichissement d’uranium, de recherche et de production d’énergie, encadrées par l’Agence internationale de l’énergie atomique. Téhéran maintient qu’il s’agit d’un usage civil. Le président iranien a dit être « prêt à toute vérification », tout en refusant un élargissement des discussions à d’autres dossiers jugés non nucléaires, comme les missiles balistiques, c’est-à-dire des engins capables de porter des charges sur de longues distances. Cette position intervient après une première session de pourparlers indirects à Oman le 6 février.
Des slogans hostiles la veille, sécurité renforcée
La veille au soir, des habitants de plusieurs quartiers de Téhéran ont crié « Mort au dictateur » depuis leurs fenêtres. Des vidéos relayées par des comptes de veille locaux et des médias internationaux font état d’un déploiement de forces de sécurité. Certaines séquences mentionnent des agents criant « Dieu est le plus grand » pour couvrir les slogans hostiles. Les rassemblements officiels du 11 février se sont tenus sous haute surveillance.
Washington et Israël veulent élargir les pourparlers
À Washington, Donald Trump reçoit ce mercredi Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien pousse à inclure les missiles et le soutien de l’Iran à des groupes armés dans toute négociation. La Maison Blanche laisse entendre qu’un durcissement militaire est possible si les discussions n’aboutissent pas rapidement. Des médias ont évoqué l’envoi d’un second porte-avions en renfort et une pression accrue sur Téhéran.
Contexte récent : guerre éclair et frappes de 2025
La séquence actuelle s’inscrit dans l’après-guerre de douze jours entre Israël et l’Iran, en juin 2025. Au plus fort du conflit, les forces américaines ont frappé plusieurs installations nucléaires iraniennes. Les évaluations divergent sur l’ampleur des dégâts, mais ces attaques ont pesé sur les négociations et la posture de dissuasion des deux camps.
Pourquoi cela compte pour la région
L’avertissement de Massoud Pezeshkian fixe des limites avant une éventuelle reprise d’accord. Il intervient alors que la contestation intérieure fragilise le pouvoir et que le coût économique d’une nouvelle escalade serait élevé. De plus, la demande américaine et israélienne d’élargir le périmètre des pourparlers rend un compromis plus complexe. À court terme, l’équation mêle pression militaire, enjeux de sécurité régionale et nécessité de garde-fous vérifiables sur le nucléaire. La fenêtre pour un arrangement existe, mais elle reste étroite et dépend d’un mécanisme de contrôle accepté par toutes les parties.
Notes sur la répression récente. Depuis fin décembre 2025, des manifestations de grande ampleur ont été violemment réprimées. Des enquêtes journalistiques et des ONG font état de milliers de morts et de dizaines de milliers d’arrestations, avec usage de munitions réelles documenté par des vidéos vérifiées. Cette crise sociale pèse sur la scène politique iranienne et sur la crédibilité de tout processus de négociation.
Éléments à surveiller. Le format des prochaines discussions, l’éventuelle inclusion des missiles et du soutien régional de Téhéran, ainsi que la marge de manœuvre que conservera le président iranien face à la rue et aux courants sécuritaires. Enfin, la rencontre Trump-Netanyahu de ce 11 février pourrait durcir la position américaine dans l’immédiat.





