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Tentative de meurtre contre un opposant algérien en France : quatre suspects mis en examen à Paris
Un contrat à 10 000 euros pour éliminer un opposant algérien sur le sol français
Quatre suspects ont été placés en détention provisoire à Paris après la découverte d’un contrat visant l’assassinat d’Hichem Aboud, opposant algérien installé à Roubaix. L’affaire, révélée par l’AFP, a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire antiterroriste, signe que la justice française commence — enfin, selon son avocat — à prendre les menaces au sérieux.
« Mon client a découvert cette tentative de meurtre par l’AFP, mais cela ne l’étonne pas », a déclaré son avocat, Dalil Essakali. Selon lui, ce n’est ni la première ni la seule tentative : des attaques auraient déjà eu lieu à Liège, à Paris, et un enlèvement aurait été perpétré à Barcelone en octobre 2024.
Un complot découvert par hasard, dans une autre enquête
C’est en enquêtant sur le braquage d’un musée près de Lyon en novembre 2024 que les enquêteurs ont mis la main sur le pot aux roses. En remontant un groupe de discussion sur la messagerie cryptée Signal, ils ont identifié une équipe d’exécutants présumés — dont un tireur désigné, rémunéré à hauteur de 10 000 euros.
En février 2025, ce groupe s’est rendu à Roubaix avec, selon les sources proches du dossier, « une consigne de tuer et une adresse ». La cible était absente. Le plan a échoué.
Des suspects calmes face à la justice, une enquête loin d’être close
Samedi, les débats sur la détention provisoire se sont tenus à huis clos au Tribunal de Paris. Le procureur a évoqué « de nombreuses investigations encore à effectuer » et « beaucoup de mensonges et d’entraves » dans l’enquête. L’avocate du tireur présumé, Marie Buisson, a refusé de s’exprimer.
Une cinquième personne avait également été placée en garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), avant d’être relâchée sans poursuites à ce stade.
Derrière l’affaire, un contexte diplomatique explosif
Ces mises en examen interviennent dans un moment diplomatique particulièrement délicat. Quelques jours plus tôt, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’était rendu à Alger pour tenter de normaliser les relations franco-algériennes en matière de coopération judiciaire, après près de deux ans de crise.
Plusieurs dossiers sensibles empoisonnent les relations entre Paris et Alger :
Ces affaires posent une question que les chancelleries préfèrent esquiver : jusqu’où l’État algérien étend-il ses méthodes de répression sur le sol européen ? La justice française, en ouvrant une enquête antiterroriste, semble désormais décidée à y répondre.




