Messi, double passeur décisif : l’Argentine arrache sa place en finale face à l’Angleterre (2-1)

Une qualification arrachée dans les dernières secondes

Agenouillé au centre de la pelouse d’Atlanta, les poings serrés, Lionel Messi a exulté comme rarement au coup de sifflet final, mercredi soir. L’Argentine s’est qualifiée pour une deuxième finale de Coupe du monde consécutive en dominant l’Angleterre 2-1, après un scénario haletant qui a failli tourner au cauchemar. Encore une fois menée au score, encore une fois dos au mur, la Albiceleste a trouvé dans ses ultimes ressources — et dans le génie de son capitaine — les deux buts qui lui ont ouvert les portes de la finale, à la 85e et à la 90e+2.

Ce n’est pas la première fois que l’Argentine tremble avant de renverser la tendance dans ce tournoi. L’équipe avait déjà frôlé la catastrophe en huitième de finale face à l’Égypte, repassant de 0-2 à une victoire finale 3-2. Le scénario se répète, presque à l’identique, comme si ce groupe avait besoin de la pression maximale pour se transcender. Et à chaque fois, c’est le même homme qui prend les commandes.

Messi passeur, pas buteur — mais tout aussi dévastateur

Cette fois, Lionel Messi n’a pas endossé le costume du buteur-sauveur, lui qui mène pourtant la compétition avec huit buts inscrits — à égalité avec Kylian Mbappé, mais avec une passe décisive de plus que le capitaine des Bleus. Il s’est mué en architecte des deux actions décisives. D’abord, il a parfaitement attiré les défenseurs anglais dans son sillage pour décaler Enzo Fernandez, qui a égalisé d’une belle frappe à l’entrée de la surface (85e). Puis il a centré avec précision pour la tête de Lautaro Martinez au deuxième poteau, buteur par K.-O. à la 90e+2.

Ces deux actions sont nées sur le côté droit, où Messi s’est progressivement déplacé au fil du match, avec cette malice caractéristique qui désorganise les défenses adverses sans jamais paraître forcée. Ce repositionnement n’est pas anodin : aligné initialement dans une attaque à deux têtes aux côtés de Julian Alvarez, l’attaquant de l’Inter Miami a traversé une première période étouffante, harcelé par les milieux anglais, pris dans un pressing agressif qui l’a longtemps privé de tout espace dans l’axe.

Un repositionnement tactique qui fait la différence

Après l’ouverture du score anglaise et le passage à cinq défenseurs de l’adversaire, Messi a choisi de s’extirper de l’embouteillage central pour chercher de l’air à droite — et rentrer sur son pied gauche, cette arme absolue que trente-neuf ans n’ont pas émoussée. Ses adversaires directs ont bien tenté de lui bloquer les angles de frappe. Peine perdue. L’ancien joueur du FC Barcelone sait tout faire : dribbler, frapper, mais aussi — et c’est peut-être ce qui le rend encore plus redoutable — lire le jeu collectif et servir ses coéquipiers au moment précis où ils en ont le plus besoin.

Le jeu argentin a longtemps souffert d’un manque de fluidité en première période, peiné à enchaîner les combinaisons face à un bloc anglais compact et bien organisé. Mais la qualité technique de Messi a suffi à créer quelques décalages, à maintenir une menace latente, à garder l’équipe dans le match jusqu’à ce que le moment décisif arrive. Et il est arrivé, comme toujours.

Des coéquipiers dévoués, une nation en transe

Dans les célébrations qui ont suivi le coup de sifflet final, sur le terrain d’Atlanta, après les salutations d’usage à des Anglais visiblement désabusés, Enzo Fernandez a hissé Messi sur ses épaules — geste devenu presque rituel, symbole d’une dévotion collective qui dépasse le cadre sportif. Des milliers de supporters argentins en extase ont salué leur héros, celui qui, à trente-neuf ans, continue de porter sur ses épaules les espoirs d’un pays entier.

L’Argentine se profile désormais vers ce qui pourrait être un doublé inédit dans l’histoire du football argentin en Coupe du monde. Après le sacre de 2022 contre la France (3-3, 4-2 aux tirs au but), une deuxième étoile consécutive serait une première absolue pour la Albiceleste. Le chemin reste ouvert. Et tant que Messi est sur le terrain, rien ne semble impossible.