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Le Kremlin a réaffirmé le mercredi 4 février 2026 que la guerre en Ukraine se poursuivrait « jusqu’à ce que le régime de Kyiv prenne les décisions appropriées », alors que s’ouvrait à Abou Dhabi un nouveau cycle de discussions entre délégations russe, ukrainienne et américaine. « Tant que le régime de Kyiv n’aura pas pris la décision appropriée, l’opération militaire spéciale se poursuivra », a déclaré le porte-parole présidentiel Dmitri Peskov, en explicitant la ligne dure de Russie au moment même où les contacts diplomatiques reprenaient aux Émirats.
Ce que recouvrent les conditions de Moscou
Moscou évoque parmi ses exigences un retrait des forces ukrainiennes de secteurs encore tenus dans le Donbass, notamment autour de Donetsk. Kyiv rejette ces demandes, qui reviendraient à entériner des gains territoriaux russes. Les discussions à Abou Dhabi portent, selon les parties, sur des dossiers politico-militaires concrets, y compris des échanges de prisonniers. Un nouvel accord de principe sur un swap a d’ailleurs été annoncé en marge du deuxième jour de pourparlers.
Repère utile : un échange de prisonniers de guerre est un accord humanitaire encadré par le droit international visant à restituer des captifs des deux camps, sans préjuger du règlement politique du conflit.
Une diplomatie sous les frappes
La reprise des discussions intervient alors que Ukraine subit de nouvelles salves de drones et missiles contre son réseau énergétique et plusieurs villes, par temps glacial. Les attaques massives de début de semaine ont accentué les coupures d’électricité et de chauffage. Le 4 février, un bombardement au marché de Druzhkivka (oblast de Donetsk) a fait au moins sept morts et plusieurs blessés, selon le gouverneur régional. Les autorités locales signalent l’emploi de munitions à sous-munitions.
Les objectifs immédiats des discussions
À Abou Dhabi, médiées par les États-Unis, les délégations cherchent des mesures de réduction des risques : voies de communication militaires, règles de conduite autour d’infrastructures critiques, et mécanismes humanitaires comme les échanges de prisonniers. Plusieurs sources indiquent qu’un canal militaire de haut niveau doit être réactivé pour limiter les malentendus alors que les combats continuent.
Ce qui pourrait faire évoluer la séquence
Trois variables pèseront sur l’utilité de ces pourparlers : la capacité à stabiliser le front énergétique en Ukraine malgré les frappes, la concrétisation rapide d’échanges de prisonniers validés par les trois parties, et la clarification des lignes rouges territoriales mises en avant par Moscou et refusées par Kyiv. À ce stade, l’écart reste important entre positions politiques, même si des gestes humanitaires ponctuels sont possibles.
Chronologie récente à retenir
- 1er février 2026 : annonce par Kyiv d’une reprise de pourparlers trilatéraux les 4-5 février à Abou Dabi.
- 3-4 février : vagues de frappes russes sur des cibles énergétiques et urbaines, par températures négatives.
- 4 février : au moins sept morts dans une frappe sur le marché de Druzhkivka, Donetsk.
- 5 février : annonce d’un accord de principe pour un nouvel échange de prisonniers à l’issue du deuxième jour de discussions.
En l’état, la ligne du Kremlin demeure inflexible, tandis que Kyiv répète qu’aucune capitulation territoriale n’est envisageable. Les discussions d’Abou Dhabi ouvrent toutefois une fenêtre pour des mesures humanitaires et de déconfliction, sans régler le différend central sur la souveraineté et les frontières.





