Piquet de grève devant un studio Ubisoft en février 2026

Grève chez Ubisoft : économies, départs volontaires et retour imposé au bureau

Une nouvelle semaine tendue s’ouvre chez Ubisoft. Mardi 10 février, des piquets de grève démarrent en France, avec des rassemblements notamment à Montpellier. Le mouvement doit courir jusqu’au jeudi 12 février. Les syndicats contestent une réorganisation assortie d’une cure d’austérité de 200 millions d’euros sur deux ans et d’un projet de 200 départs volontaires au siège parisien.

Que contient la réorganisation ?

Fin janvier, l’éditeur détaille un « reset » stratégique : annulations de projets, recentrage et économies de 200 M€ d’ici 2028. En parallèle, un plan de départs volontaires visant jusqu’à 200 postes cible l’entité parisienne, qui compte environ 1 100 salariés. Le dispositif prend la forme d’une rupture conventionnelle collective (RCC), procédure de départs négociés nécessitant un accord majoritaire et un feu vert administratif.

Trois jours de grève, en France… et au-delà

Le 10 février, plusieurs centaines de salariés se mobilisent dans l’Hexagone. Des relais existent aussi à l’international, notamment en Italie. Les syndicats dénoncent une dégradation des conditions de travail et appellent à maintenir la pression jusqu’au 12 février.

Télétravail : un retour au présentiel intégral qui crispe

La direction veut un retour au bureau cinq jours par semaine, avec un quota limité de jours télétravaillés à l’année. Le « retour au bureau » signifie l’obligation de travailler sur site selon un rythme fixé par l’employeur. Ce point crispe les équipes après des années d’organisation hybride dans le secteur.

Le siège parisien sous tension

Début février, des salariés du site parisien quittent leur poste lors d’une visite de Yves Guillemot. Des organisations syndicales menacent de nouvelles sorties collectives à chaque venue du dirigeant. Ces actions s’ajoutent à la contestation de la RCC en cours.

Ce que disent les syndicats et la direction

Le STJV et d’autres organisations pointent un management jugé autoritaire, une usure sociale et le risque d’une nouvelle vague de coupes. La direction défend un modèle opérationnel censé regagner en compétitivité et en prévisibilité de livraisons.

Pourquoi c’est stratégique pour Ubisoft

Le groupe affronte une concurrence accrue et une volatilité des ventes. Les économies visent à concentrer les moyens sur des licences à fort potentiel et à lisser un calendrier de sorties fragilisé par des reports. À court terme, la RCC peut réduire les coûts centraux. À moyen terme, le retour massif au bureau doit, selon l’entreprise, fluidifier la coordination des équipes. Ces paris se heurtent cependant à un climat social tendu, avec un impact possible sur la production et l’attractivité.

En résumé, Ubisoft tente de stabiliser sa trajectoire avec 200 M€ d’économies et un recentrage rapide. Mais la méthode — RCC au siège et fin du télétravail hebdomadaire — alimente une grève portée par les organisations de salariés, en France et en Europe. L’équation sociale devient une variable clé du plan de redressement.