« Une nuit difficile, beaucoup de morts » : Marta Kostyuk en larmes après sa victoire à Roland-Garros, alors que la Russie frappe encore l’Ukraine

Une victoire dédiée à la résilience ukrainienne

Ce mardi à Roland-Garros, la joueuse de tennis ukrainienne Marta Kostyuk a battu sa compatriote Elina Svitolina en quart de finale (6-3, 2-6, 6-2), avant de fondre en larmes au micro, sous les applaudissements du Central. La nuit précédente, des frappes russes avaient tué au moins dix-huit personnes dans plusieurs villes ukrainiennes, dont six à Kiev, touchée par des missiles balistiques.

« Nous avons encore eu une nuit difficile en Ukraine, beaucoup de morts, notamment à Kiev. Je voudrais dédier cette victoire aux Ukrainiens et à leur résilience », a déclaré la joueuse de 23 ans, la voix brisée. Ces mots prononcés sur l’une des scènes les plus visibles du tennis mondial résonnent bien au-delà du sport.

Une voix qui refuse de se taire

Née à Kiev, Kostyuk est l’une des athlètes les plus engagées dans la dénonciation de l’invasion russe. Elle refuse systématiquement de serrer la main de ses adversaires russes ou bélarusses, un geste politique assumé qui lui a valu autant d’admiration que de polémiques.

Après son titre à Madrid, elle avait déjà refusé de saluer la Russe Mirra Andreeva. Les deux joueuses se retrouveront jeudi en demi-finale à Paris — une confrontation qui dépasse largement le cadre du sport.

Un duel historique entre deux Ukrainiennes

Sur le plan sportif, cette rencontre entre Kostyuk et Svitolina est la première opposition entre deux joueuses ukrainiennes en quart de finale d’un tournoi du Grand Chelem. Un moment historique, teinté d’une émotion particulière dans le contexte de la guerre.

Le match a tenu ses promesses : une bataille de 1 h 49, rythmée par une troisième manche explosive où les services volèrent en éclats dès l’entame. Kostyuk a finalement pris son envol, concluant sur un jeu blanc et un service gagnant. Svitolina, 31 ans, voit s’éloigner son rêve d’une première demi-finale à Roland-Garros.

Le sport comme tribune, la guerre comme toile de fond

Pendant que Kostyuk disputait son quart de finale sur le Central, l’Ukraine subissait l’une des attaques les plus meurtrières des dernières semaines. Ce décalage vertigineux — les filets, les applaudissements, la gloire sportive d’un côté ; les missiles, les morts, la destruction de l’autre — Kostyuk le porte sur ses épaules à chaque match.

Son engagement n’est pas un geste symbolique isolé : c’est une résistance quotidienne, menée sous les projecteurs d’un monde du tennis qui peine encore, souvent, à prendre position clairement face à la guerre que mène la Russie contre son peuple.