Guerre au Moyen-Orient : l’Iran et les États-Unis s’affrontent dans le Golfe, un mort et 63 blessés au Koweït

Le cessez-le-feu s’effrite sous les bombes

Le Koweït a accusé l’Iran, ce mercredi 3 juin 2026, d’avoir frappé son aéroport international par drones et missiles balistiques, faisant un mort — un ressortissant indien — et 63 blessés, dont des employés et des voyageurs. C’est la première attaque meurtrière depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu conclu le 8 avril entre Téhéran et Washington, un accord désormais mis à rude épreuve par une escalade militaire dans le Golfe.

Le trafic aérien a été suspendu plusieurs heures. Selon les autorités koweïtiennes, le pays a essuyé au total 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens dans la journée.

Des frappes qui résonnent jusque dans les quartiers résidentiels

« Les explosions se succédaient et étaient très proches des zones résidentielles. Pour la première fois, les enfants ont ressenti la gravité de la situation », témoigne Hassan Sheikh, un Pakistanais de 40 ans habitant non loin de l’aéroport, interrogé par l’AFP.

Ce récit dit l’essentiel : ce ne sont pas des abstractions géopolitiques qui tombent du ciel, ce sont des bombes sur des quartiers où vivent des familles, des travailleurs migrants, des enfants. Le Koweït abrite des bases militaires américaines, ce qui en a fait une cible régulière de Téhéran depuis le déclenchement de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran le 28 février dernier.

Le détroit d’Ormuz, nouveau théâtre d’affrontements

Après une relative accalmie post-cessez-le-feu, les hostilités ont repris ces derniers jours, notamment autour du détroit d’Ormuz, verrou stratégique pour le transit des hydrocarbures mondiaux, sous contrôle iranien. Cette reprise des tensions a immédiatement fait remonter les cours du pétrole à près de 100 dollars le baril, effaçant la détente observée la semaine précédente.

Selon le commandement américain pour la région (Centcom), l’Iran a également tiré des missiles en direction de Bahreïn durant la nuit, provoquant en retour des frappes américaines sur l’île iranienne de Qeshm, qui a vu une tour de communication détruite selon Téhéran.

Les Gardiens de la Révolution revendiquent, Washington riposte

Les Gardiens de la Révolution — l’armée idéologique du régime iranien — ont affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït ainsi que le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn, en représailles à l’attaque sur Qeshm et à celle d’un pétrolier iranien. Ils disent également avoir visé un navire lié à Israël et aux États-Unis.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui dirige par ailleurs l’équipe de négociation avec Washington, a averti que l’Iran répondrait de façon « décisive » à toute « agression ».

Koweït et Bahreïn pris en étau entre deux puissances

La diplomatie iranienne a accusé le Koweït et Bahreïn de laisser les États-Unis utiliser leur territoire pour frapper l’Iran — une accusation que Koweït City a fermement démentie, annonçant dans la foulée l’expulsion de deux membres de l’ambassade iranienne.

Ces petits États du Golfe se retrouvent ainsi écrasés entre deux logiques impériales qui ne leur demandent pas leur avis : d’un côté Washington et Tel Aviv, de l’autre Téhéran. Leurs populations en paient le prix.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, interrogé sur CNBC, a déclaré qu’Israël et les forces américaines étaient « prêts » à reprendre les hostilités si nécessaire, affirmant que l’Iran « jouait avec le feu ».

La diplomatie à bout de souffle

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à « éviter toute nouvelle escalade qui risque de saper les efforts diplomatiques en cours ». Mais ces efforts semblent plus que jamais fragiles.

Des médias iraniens ont indiqué lundi que Téhéran avait suspendu les pourparlers indirects avec Washington, invoquant l’offensive israélienne au Liban — où l’Iran exige la fin des hostilités comme condition préalable à tout accord. Donald Trump, lui, assure que les discussions se poursuivent « sans interruption ».

Trump a également confié au New York Post qu’il « aimerait rencontrer » le guide suprême Mojtaba Khamenei, nommé en mars et encore jamais apparu en public, le jugeant « réellement impliqué » dans les décisions de Téhéran.

Le Liban, autre front en feu

Pendant ce temps, le Liban continue de brûler. Des frappes israéliennes ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes, alors même que des délégations israéliennes et libanaises se retrouvaient à Washington ce mercredi pour tenter de négocier.

Les Gardiens de la Révolution avaient menacé lundi d’ouvrir « de nouveaux fronts » si l’armée israélienne poursuivait son avancée au Liban pour « éliminer » le Hezbollah. Le mouvement chiite, lui, s’oppose aux négociations entre Beyrouth et Tel Aviv.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam maintient pourtant que la voie diplomatique reste « l’option la moins coûteuse » pour un pays entraîné dans ce conflit régional le 2 mars dernier par des tirs du Hezbollah sur Israël. Une formule qui sonne comme une prière autant que comme une stratégie.