Mohammad Eslami annonce une possible dilution de l’uranium enrichi

Iran prêt à diluer son uranium si toutes les sanctions tombent

L’Iran se dit prêt à « diluer » son uranium enrichi à 60 % si les États-Unis lèvent « toutes les sanctions ». Mohammad Eslami, chef de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran, l’a affirmé lundi 9 février, au surlendemain de la reprise de discussions indirectes avec Washington à Oman. La déclaration vient préciser la ligne iranienne : tout geste sur le stock hautement enrichi s’échangerait contre un allègement complet des mesures punitives.

Un signal après la reprise des pourparlers

Des émissaires américains et iraniens se sont retrouvés à Mascate vendredi 6 février. Les deux camps ont parlé d’un « bon début » et ont accepté de poursuivre. Ce canal, médié par Oman, constitue le premier test diplomatique depuis les frappes américano-israéliennes de juin 2025 contre des sites nucléaires iraniens. Le climat reste tendu, mais les échanges ont repris.

Ce que signifie « diluer » l’uranium

La dilution consiste à abaisser le degré d’enrichissement en mélangeant l’uranium à 60 % avec de l’uranium faiblement enrichi ou naturel pour revenir à un pourcentage inférieur. À 3–5 %, il sert au combustible de réacteurs civils. À 20 %, il peut alimenter la production d’isotopes médicaux. Une arme nécessite environ 90 %. Cette hiérarchie des seuils structure tout compromis possible.

Le stock sensible au cœur de l’équation

L’Agence internationale de l’énergie atomique rappelle depuis 2025 l’existence d’un stock de plus de 400 kg d’uranium hautement enrichi en Iran, avec des lacunes d’accès après mi-juin 2025. Ce volume nourrit les inquiétudes de prolifération et place la gestion du stock au centre des discussions. Les inspecteurs jugent indispensable un cadre de vérification robuste pour toute réduction du niveau d’enrichissement.

Une demande américaine de « zéro enrichissement »

Côté américain, la ligne affichée reste dure. Washington a posé la barre d’un « zéro enrichissement » sur le sol iranien, assorti de demandes sur les missiles et les soutiens régionaux. Des responsables ont réitéré que Téhéran devrait « abandonner entièrement » l’enrichissement pour un accord global. Cette exigence dépasse le cadre de 2015, qui limitait l’enrichissement sans l’interdire.

Deal possible avec Donald Trump ?

La proposition iranienne vise un troc clair : dilution contre levée intégrale des sanctions. Cependant, elle se heurte, à ce stade, à la condition américaine d’un arrêt total de l’enrichissement. La distance entre « limiter » et « supprimer » demeure majeure. Les prochains rounds diront si une formule graduelle, contrôlée par l’AIEA, peut rapprocher les positions malgré les lignes rouges respectives. Pour l’heure, Téhéran insiste sur son « droit » au nucléaire civil, et Washington maintient sa doctrine de contrainte maximale.

Pourquoi l’enjeu est décisif maintenant

Depuis 2025, les incidents militaires et les sanctions ont accru le coût économique et sécuritaire pour les deux camps. Une désescalade technique sur l’enrichissement ouvrirait la voie à un allègement ciblé des sanctions et à un retour d’inspections renforcées. À l’inverse, l’impasse pourrait relancer le risque d’escalade et fragiliser la région. La fenêtre diplomatique existe, mais elle reste étroite tant que « dilution » et « zéro enrichissement » s’opposent frontalement.