Ebo Taylor jouant de la guitare sur scène

Ebo Taylor mort : légende du highlife ghanéen à 90 ans

Le guitariste, compositeur et chef d’orchestre ghanéen Ebo Taylor est décédé samedi 7 février à l’âge de 90 ans. Figure centrale du highlife et artisan des ponts avec l’afrobeat, il a façonné la bande-son de l’Afrique de l’Ouest durant plus de six décennies. La nouvelle a été confirmée par plusieurs médias internationaux lundi 9 février.

Ebo Taylor mort : hommages et dates clés

Le monde de la musique salue un « colosse » de la culture ghanéenne. Les messages affluent de la scène africaine et internationale, qui voit en lui un mentor et un passeur. Né Deroy Taylor à Cape Coast en 1936, il commence à se produire dans les années 1950, alors que le Ghana indépendant fait du highlife son son identitaire. Il impose un jeu de guitare nerveux, des arrangements de cuivres précis et un sens de la danse.

Le highlife est un style mélodique et dansant né au Ghana au début du XXe siècle, qui fusionne rythmes locaux, fanfares et influences afro-caribéennes. En 2025, « Highlife music and dance » a rejoint la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, confirmant sa portée mondiale.

Londres, les années 1960 et l’alchimie highlife–afrobeat

Au début des années 1960, Ebo Taylor part à Londres étudier la composition. Il y échange avec d’autres artistes africains, dont Fela Kuti. L’afrobeat désigne une musique née au Nigéria qui mêle rythmes yoruba, highlife, funk et jazz, avec une forte pulsation et des textes sociaux. Ces dialogues artistiques nourrissent une esthétique commune : groove implacable, cuivres en avant, guitares syncopées. De retour au Ghana en 1965, Taylor devient arrangeur et producteur recherché, tout en dirigeant ses propres formations.

Rééditions, samples et retour en grâce

À partir des années 2000, des labels et DJ rééditent ses enregistrements des décennies précédentes. Sa visibilité explose. L’album « Love and Death » en 2010 relance une série de projets et de tournées ; « Appia Kwa Bridge » (2012) fixe en studio son énergie scénique. Des artistes R&B et hip-hop samplent ses grooves, ce qui attire un nouveau public vers le highlife ghanéen. Il continue à se produire en Europe et aux États-Unis jusque très tard dans sa vie.

Pourquoi sa disparition compte

Ebo Taylor laisse un héritage musical et culturel majeur. Il a relié générations et styles, de la danse highlife des clubs d’Accra aux scènes mondiales. Son œuvre montre comment les traditions locales, réinventées avec le jazz, le funk et la soul, nourrissent la pop africaine actuelle. La reconnaissance du highlife par l’UNESCO en 2025 renforce encore la valeur de ce patrimoine vivant. Sa mort marque la fin d’une ère, mais son influence, quant à elle, continue de guider musiciens et publics.