Israël sous les missiles iraniens : une escalade qui menace les négociations en cours

Première attaque iranienne depuis le cessez-le-feu du 8 avril

Pour la première fois depuis le cessez-le-feu annoncé le 8 avril, Israël a essuyé dimanche 7 juin des tirs de missiles iraniens. Les sirènes d’alerte ont retenti dans de vastes zones du nord et du centre du pays, touchant les villes de Haïfa, Césarée et Hadera. L’armée israélienne affirme avoir intercepté l’ensemble des projectiles.

Quelques minutes après un premier communiqué, l’armée a signalé un second barrage de missiles lancé en direction du territoire israélien. En réponse, le ministère de l’Éducation et le Commandement du Front intérieur ont annoncé conjointement la suspension de toutes les activités scolaires.

L’Iran revendique un « avertissement » et menace d’aller plus loin

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont revendiqué ces tirs en les qualifiant explicitement d’« avertissement ». Dans un communiqué, ils ont prévenu : « Si de telles agressions se reproduisent, la riposte sera plus large et visera toutes les cibles américano-sionistes de la région. »

Ces frappes interviennent en réponse à une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, qui a fait deux morts. L’Iran avait déjà menacé, dans la journée de dimanche, de s’en prendre à des intérêts américains et israéliens au Moyen-Orient.

Tsahal promet d’« intensifier » ses opérations au Liban

Le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l’armée israélienne, a estimé que l’Iran avait commis « une grave erreur en choisissant une nouvelle fois la voie du terrorisme ». Il a réaffirmé qu’Israël ne tolérerait aucun tir contre ses civils.

Defrin a annoncé que Tsahal poursuivrait ses opérations dans tout le Liban et intensifierait la pression sur le Hezbollah, justifiant la frappe sur Beyrouth par « les tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord » d’Israël. Une rhétorique bien rodée qui occulte le bilan humain côté libanais.

Trump veut stopper l’escalade pour sauver un accord avec l’Iran

Le président américain Donald Trump a réagi en annonçant vouloir appeler immédiatement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer. Selon le journaliste d’Axios Barak Ravid, qui dit l’avoir eu au téléphone, Trump aurait déclaré : « Israël a eu sa frappe et l’Iran a eu sa frappe. On n’a pas besoin d’une autre. »

Trump a également confié être « sur le point de conclure un accord définitif avec l’Iran » et ne pas vouloir le voir compromis par cette escalade. Dans une interview accordée à Fox News, il a ajouté que les frappes iraniennes « ne vont pas aider les négociations ».

Derrière la diplomatie de façade, une réalité s’impose : ce sont les populations civiles — libanaises, iraniennes, israéliennes — qui paient le prix d’une confrontation entre États qui instrumentalisent leurs corps et leurs territoires.

Avec AFP