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Emmanuel Macron a appelé, lundi 23 février 2026, l’Union européenne à « avancer » pour adopter un 20e paquet de sanctions contre la Russie, alors que la Hongrie menace d’en bloquer l’adoption. Le président français s’est exprimé aux côtés du président finlandais Alexander Stubb, à la veille du quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022.
La Commission européenne souhaite faire adopter ce nouveau train de mesures par les ministres des affaires étrangères avant mardi. Cependant, Budapest conditionne son accord à la reprise de livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Droujba, endommagé et passant par l’Ukraine.
Ce que Macron demande à Bruxelles
Depuis Paris, Emmanuel Macron affirme vouloir accroître la pression sur Moscou. Il insiste sur la nécessité de finaliser le 20e paquet et évoque des discussions « dans les prochains jours ».
Le chef de l’État lie aussi ce dossier au soutien financier à Kiev. Il dit vouloir appliquer le principe du prêt européen de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, déjà acté politiquement au niveau européen.
Que contient le 20e paquet de sanctions contre la Russie
La Commission présente ce 20e paquet comme un durcissement ciblé sur plusieurs secteurs. D’après la présidente Ursula von der Leyen, l’énergie figure parmi les axes majeurs, avec une interdiction complète de services maritimes liés au pétrole brut russe. Cette mesure vise les services nécessaires au transport maritime, comme certains services d’assistance et de logistique.
Le texte vise aussi le secteur financier. Plusieurs sources évoquent des restrictions sur des services bancaires et des limitations sur certaines transactions, ainsi que des mesures liées aux crypto-actifs, dans l’objectif de réduire les capacités de contournement.
Pourquoi la Hongrie bloque et ce que réclame Budapest
Le gouvernement hongrois explique sa position par des enjeux de sécurité énergétique. Le ministre des affaires étrangères Péter Szijjártó affirme qu’il s’opposera aux nouvelles sanctions et au prêt européen tant que les livraisons de pétrole via Droujba ne reprennent pas.
Selon ces mêmes sources, la perturbation des flux intervient après des dégâts liés à des frappes et incidents sur des infrastructures en Ukraine fin janvier. Kiev a indiqué vouloir réparer lorsque les conditions de sécurité le permettent et a évoqué des routes alternatives.
Le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, autre point de friction
En parallèle, la Hongrie bloque l’étape d’approbation d’un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine sur 2026-2027, selon les institutions et la presse. Le Parlement européen a approuvé l’architecture du dispositif début février. Ensuite, le processus doit encore franchir des étapes qui exigent l’unanimité sur certains volets budgétaires.
D’après le Financial Times, ce financement est présenté comme crucial pour la stabilité budgétaire de l’Ukraine à court terme. Le même article décrit une objection formelle de Budapest sur le mécanisme d’emprunt adossé au budget de l’UE.
Une séquence politique à la veille du 24 février
L’UE cherche traditionnellement à afficher l’unité à la date anniversaire du 24 février. Cette année, le calendrier accroît la pression, car la Commission a présenté le paquet le 5 février et voulait une adoption rapide.
À Bruxelles, le ministre français des affaires étrangères Jean-Noël Barrot estime que l’adoption reste certaine, tout en soulignant l’enjeu du calendrier.
Quels scénarios dans les prochains jours
Sur le plan institutionnel, un paquet de sanctions de l’UE nécessite l’unanimité des États membres. Un seul veto suffit donc à bloquer l’ensemble. Dans la pratique, les négociations se concentrent sur des ajustements techniques, des garanties et des exemptions, ou sur des compromis politiques plus larges.
La Commission et plusieurs capitales veulent maintenir la trajectoire annoncée, notamment sur l’énergie et les services maritimes. De son côté, la Hongrie met en avant l’oléoduc Droujba et la continuité d’approvisionnement. Dans ce bras de fer, l’issue dépendra des discussions entre États membres et des échanges avec Kiev sur les conditions de reprise ou de compensation des flux.
À ce stade, Emmanuel Macron fixe une ligne claire : tenir les engagements déjà pris au Conseil européen sur le soutien financier à l’Ukraine et finaliser un nouveau paquet de sanctions. L’Union européenne doit désormais trancher, dans un contexte où chaque décision requiert l’accord des 27 et où la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année.





